Enfants au Sud-Liban : « La sécurité de notre quartier me manque »

Woman holding a girl, Lebanon
03.06.2024

Les hostilités dans le sud du Liban se sont intensifiées en raison de la guerre transfrontalière entre Israël et Gaza. Plus de 93’000 personnes ont été contraintes de quitter leur foyer et la plupart des enfants ne peuvent plus aller à l'école. Les enfants font état d'un stress psychologique grave et de cauchemars, selon Terre des hommes Lausanne, la plus grande organisation suisse de défense des droits de l'enfant, qui fournit une assistance sur le terrain depuis 47 ans.

« Le confort de ma chambre, mes jouets et la sécurité de notre quartier me manquent », dit Mila, six ans.

Mila fait partie des 30’000 enfants qui ont été forcé·e·s de fuir le sud du Liban pour se rendre dans d'autres régions du pays. Depuis le 8 octobre, son village et de nombreux autres endroits dans le sud sont devenus dangereux pour les civils. 75 enfants ont déjà été blessé·e·s et douze autres tué·e·s à cause de la montée des violences.

Dans la ville de Tyr, où Mila a fui avec sa famille, les personnes déplacées vivent dans des abris collectifs et dans des familles d'accueil. Terre des hommes (Tdh) apporte une aide psychologique aux enfants et renforce leur protection.  

Insécurité, violence et cauchemars  

La frustration et le désespoir sont grands parmi les personnes déplacées. La plupart d'entre elles sont des familles de paysan·ne·s qui ont perdu leur source de revenus avec leurs terres et ne peuvent plus se permettre de payer un loyer ou de la nourriture. 20’000 enfants ne peuvent pas aller à l'école car elles ont été fermées. Les enfants risquent davantage de devoir travailler, voire de se marier, parce que leurs parents n'ont pas de travail. Beaucoup d’enfants se disent psychologiquement stressé·e·s.

« En plus des expériences traumatisantes qu'ils ont vécues dans leur ville, les enfants sont souvent victimes de harcèlement et d'isolement dans les communautés d'accueil. Cela augmente considérablement leur stress psychologique. Les parents nous disent que leurs enfants deviennent plus agressifs et les enfants nous racontent leurs cauchemars », explique Lama Hattab, responsable de la délégation de Tdh au Liban. 

Les filles et les femmes hébergées dans des abris collectifs rapportent également qu'elles ne se sentent pas en sécurité. Les violences basées sur le genre sont en augmentation : violence psychologique, agressions sexuelles et violences physiques sont fréquentes.

Tdh fournit une aide d'urgence et des activités de prévention 

Dès que les violences ont commencé à s’intensifier, Tdh a organisé une réponse d'urgence globale dans les abris et la communauté d'accueil. Depuis sept mois, Tdh apporte un soutien psychologique aux enfants et aux personnes qui s'en occupent, organise des activités pour les filles et les jeunes femmes victimes de violences basées sur le genre, et propose une aide financière aux familles pour qu'elles puissent acheter ce dont elles ont le plus besoin. Tdh travaille également avec le gouvernement pour renforcer la protection des enfants et organise des campagnes de sensibilisation. « Ce type de prévention apporte un peu d'espoir dans l'obscurité », explique Lama Hattab. « Il est essentiel de renforcer la résilience des familles ».

« Je rêve de ma vie d'avant et les rires joyeux de nos réunions familiales me manquent. Grâce aux activités de Tdh, j'ai appris à gérer ma tristesse, je sais maintenant comment me protéger », dit Amir, le frère de Mila.  

Malgré les efforts humanitaires, les besoins des familles déplacées restent importants. Elles ont besoin de toute urgence de plus d'abris, de ressources financières et d'une plus grande attention de la part de la communauté internationale. 

Les noms ont été modifiés pour protéger l'identité des enfants.

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